A propos des évènements des jours derniers...
Le 8 décembre, nous fêterons le 40ème anniversaire de la clôture du Concile Vatican II.
A quarante ans de distance, nous pouvons rendre grâce à Dieu pour tout le dynamisme apostolique qu'il a suscité dans notre Église.
Son enseignement reste une lumière sur notre route.
La veille de la célébration finale, le 7 décembre, était promulguée la Constitution pastorale "Gaudium et spes" dont nous connaissons bien les premières lignes:
" Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies
et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n'est rien vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur".
Cette conviction reste profondément la nôtre aujourd'hui. Nous nous sentons pleinement solidaires des hommes de ce temps.
La déclaration samedi dernier a exprimé notre vive préoccupation devant la multiplication des actes de violence et de destruction que connaissent nombre de grandes agglomérations.
Nous ne pouvons une nouvelle fois, que condamner l'usage de la violence et marquer notre compassion auprès de ceux qui en sont victimes, en particulier les plus modestes qui ont perdu leur outil de travail ou leur moyen de déplacement.
Nous voulons aussi souligner la difficulté du travail des forces de l'ordre, des pompiers, des services publics et des élus locaux pour accomplir leur mission avec le sang froid nécessaire dans ces circonstances.
L'ordre doit être rétabli. Mais nous avons aussi rappelé que la seule répression et l'incitation à la peur collective n'étaient pas une "réponse à la hauteur des ces tensions dramatiques de notre société" et qu'il "était vital d'ouvrir à ces nouvelles générations, souvent en mal d'espoir, un avenir de liberté, de dignité et de respect de l'autre".
Si "beaucoup ne baissent pas les bras", nous avons le devoir impérieux de soutenir tous ceux - parents, éducateurs, enseignants, animateurs sociaux, associations, prêtres, religieux et religieuses - qui oeuvrent patiemment et souvent dans la discrétion, pour un vivre ensemble fraternel.
Il n'en demeure pas moins que les évènements des ces jours-ci doivent nous interroger.
Nos choix, individuels et collectifs, concernant l'organisation de la vie en société, peuvent nous conduire, de fait, à créer ou entériner des situations d'exclusion ou de ghetto. La responsabilité collective est du ressort des décideurs politiques et économiques.
Mais elle interpelle aussi la conscience de chacun.
L'égalité et la fraternité, conditions effectives de la liberté, sont dans les mains de tous.
Les évêques de France - 9 novembre 2005.