
DIMANCHE 25 FEVRIER 2007
AVEC LA COMMUNAUTÉ DE DOURGES
En ce premier dimanche de Carême où nous voyons Jésus être tenté au désert, où le chemin que vous allez suivre durant ces quarante jours, commence aussi par le désert, pourquoi avez-vous spontanément pensé à Charles de Foucauld ?
En effet il part au désert non pas pour répondre au silence mais pour
« Porter le festin Eucharistique aux pauvres », il va vers les autres,
il va « vivre avec ».
Si Saint François d’Assise a voulu imiter Jésus dans sa vie publique, Charles de Foucauld a cherché à l’imiter durant les 30 années de sa vie à Nazareth.
Nous le regardons lorsqu’il arrive à Béni-Abbès en 1901, il porte une gandoura sur laquelle sont brodés le cœur surmonté d’une croix, symboles de Dieu Amour, à la fin de sa vie, il ne porte plus qu’une gandoura blanche sans aucun ornement. Au fil des années, il s’est laissé dépouiller et il a compris que sa vie devait être un Évangile vivant
Il nous dit : « Il faut passer par le désert pour y recevoir la grâce de Dieu….. »
En effet on traverse le désert mais on n’y reste pas. Nous aussi nous traversons des déserts dans nos vies :
-celui de la maladie, de l’échec, de la solitude, du deuil, de la banalité d’une existence monotone, du divorce, de la désillusion
Comment réagit Jésus face à la tentation ? Il trouve sa force dans la Parole de Dieu
Comment Charles de Foucauld va tenir seul chrétien dans ce Sahara musulman ? il va se nourrir de la Parole de Dieu dans la prière et de l’Eucharistie. Fort de cette présence de Dieu en lui, il peut aller vers les autres pour partager leurs soirées de poésie, de rires, les écouter, se mettre à leur école pour rédiger un dictionnaire touareg français, leur apprendre à tricoter etc..
Comment je peux résister à la tentation dans cette société de consommation individualiste ?
En me nourrissant de la Parole de Dieu, en la méditant par un partage d’Évangile avec d’autres, par la prière et l’Eucharistie. D’où la nécessité de bien connaître l’Évangile, de me l’approprier.
Faisant référence à mon expérience d’accompagnement de catéchumènes, je relatais comment l’un d’eux, exténué par les conditions difficiles de l’existence avait décidé d’attendre la mort seul dans une cabane, en jeûnant, en dialogue constant avec son Dieu qu’il cherche sans le connaître et qui lui dira : « Mon Dieu je t’aime, comme ça pour rien ».
Je me posais cette question :
Quel croyant donnerait une semaine de son temps, gratuitement dans le silence, le jeûne la prière pour faire une déclaration d’amour à son Dieu ?
Mon appartenance à la fraternité Charles de Foucauld est pour moi un véritable chemin du bonheur, il me permet de vivre l’ordinaire de ma vie de façon extraordinaire.
Marie Agnès HEYMAN