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Évangile du mardi 28 juillet 2009/ commentaire Abbé Pierre Marie LEROY

de la férie - 17ème semaine du temps ordinaire - Année B

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 13, 36-43)

Laissant la foule, Jésus vint à la maison. Ses disciples s'approchèrent et lui dirent: "Explique-nous clairement la parabole de l'ivraie dans le champ."
Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme ; le champ, c'est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l'ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L'ennemi qui l'a semée, c'est le démon ; la moisson, c'est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l'on enlève l'ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l'homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume tous ceux qui font tomber les autres et ceux qui commettent le mal, et ils les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu'il entende !

           C'est comme dans l'Évangile d'hier! Jésus n'évince pas la question! Il répond sans détour pour faire avancer ceux qui posent la question.

           J'avoue que la réponse est un peu « hard » comme diraient les jeunes. C'est dur à entendre. Parler de la fin des temps c'est pas simple et chacun se dit « qu'est-ce que je vais retenir de ma vie? Qu'est-ce que Dieu va en penser? En retenir? ». Chacun y va de sa propre réponse. Parfois on arrondit soi-même des angles de nos vies. On fait des pirouettes pour se sauver et justifier quelques actes et comportements. Et il arrive d'avoir peur d'un jugement dernier à la mesure de nos exploits à tout justifier, voire à tout cacher.

           Je souligne d'abord que Jésus s'adresse à des intimes. Il a quitté la foule pour rejoindre ses disciples dans une maison. Ce n'est pas un détail.  Les disciples ont vu Jésus guérir, relever, soigner, écouter, pardonner. Ils ont entendu Jésus employer des paraboles.... Mais ils demandent à Jésus de s'expliquer un peu plus sur le sens de ces paraboles. On a l'impression que Jésus est plus direct avec ses proches, qu'il leur fait vivre un apprentissage moins imagé et plus théologique. On pourrait dire qu'il ne prend de gants pour leur parler: ce qui est bon vient du Fils de l'homme donc de Dieu, et ce qui est mauvais vient du démon donc de ce qui est contraire à Dieu, donc de l'ennemi de Jésus. Le mauvais est ce qui fait tomber les autres et ce qui fait mal. C'est clair. Et les disciples doivent être éclairés!

           L'Église nous donne des temps pour faire le point: le sacrement du pardon, le temps du carême et de l'Avent. Ils sont des temps de conversion donnés à tous pour grandir dans la foi, pour ajuster notre vie au don que Dieu nous fait par son Fils. Notre vie nous est donnée pour apprendre à aimer nous disait l'abbé Pierre. Le jugement dernier a commencé quand nous prenons conscience de ce chemin de sainteté auquel Dieu nous invite. Il n'est pas un point final. La sainteté n'est pas un état de perfection comme une statue sans vie. C'est vraiment un mouvement qui ne cesse de nous faire grandir comme Jésus s'est déployé durant toute sa vie terrestre.

           Aussi n'ayons pas peur de voir clair et de nous ressaisir. Les amis de Dieu ne se sentent pas jugés et détruits mais encouragés à grandir en faisant des choix et en reconnaissant ce qui fait tomber et qui fait mal à l'homme, à tout l'homme... et donc à Dieu.

           Amis proches de Jésus, ne soyons pas sourds.

           «  celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende! ».